En micro-entreprise, la catégorie BIC (bénéfices industriels et commerciaux) ou BNC (bénéfices non commerciaux) ne se choisit pas : elle découle de la nature de l'activité. Elle fixe pourtant presque tout le reste : le taux de cotisations sociales, l'abattement qui sert à calculer l'impôt, le taux du prélèvement libératoire et la caisse de retraite. Voici ce que ces différences changent concrètement en 2026.
Qu'est-ce qui range une activité en BIC ou en BNC ?
Relèvent des BIC :
- les activités commerciales : achat pour revendre, vente de denrées à emporter ou à consommer sur place, hébergement ;
- les activités artisanales : production, transformation, réparation ou prestations de services relevant du secteur des métiers (bâtiment, coiffure, réparation…), avec immatriculation au registre national des entreprises en tant qu'entreprise artisanale.
Relèvent des BNC les activités libérales, c'est-à-dire des prestations surtout intellectuelles ou techniques. Deux régimes de retraite coexistent :
- la Sécurité sociale des indépendants (SSI) pour la plupart des libéraux non réglementés : consultants, designers, dessinateurs, moniteurs d'auto-école, etc. ;
- la Cipav pour une liste fermée de professions réglementées : architectes, ingénieurs-conseils, géomètres-experts, psychologues, ostéopathes, moniteurs de ski, guides-conférenciers…
Certaines professions libérales sont exclues de la micro-entreprise parce qu'elles relèvent d'une autre caisse : professions juridiques et judiciaires (avocats, notaires), professions de santé, experts-comptables. Les marchands de biens et agents immobiliers en sont aussi exclus.
Les taux 2026 côte à côte
| Activité | Cotisations | Formation pro. | Abattement (IR) | Prélèv. libératoire | Plafond de CA |
|---|---|---|---|---|---|
| Vente de marchandises (BIC) | 12,3 % | 0,1 % | 71 % | 1 % | 203 100 € |
| Services commerciaux / artisanaux (BIC) | 21,2 % | 0,1 % (commerçants) – 0,3 % (artisans) | 50 % | 1,7 % | 83 600 € |
| Libéral SSI (BNC) | 25,6 % | 0,2 % | 34 % | 2,2 % | 83 600 € |
| Libéral Cipav (BNC) | 23,2 % | 0,2 % | 34 % | 2,2 % | 83 600 € |
Les cotisations s'appliquent au chiffre d'affaires encaissé : sans encaissement, rien n'est dû. Le taux global couvre la maladie-maternité (y compris les indemnités journalières), l'invalidité-décès, la retraite de base et complémentaire, les allocations familiales et la CSG-CRDS.
SSI ou Cipav : pourquoi les taux ont augmenté
Pour les libéraux de la SSI, le taux était de 21,1 % jusqu'en juin 2024. Il a été relevé par étapes pour améliorer les droits à la retraite complémentaire : 23,1 % au second semestre 2024, 24,6 % en 2025, puis 25,6 % depuis le 1er janvier 2026. Pour la Cipav, le taux est passé de 21,2 % à 23,2 % le 1er juillet 2024, à la demande de la caisse, pour renforcer la retraite complémentaire et la couverture invalidité-décès.
Résultat : un libéral SSI est désormais le micro-entrepreneur qui cotise le plus, alors que son abattement fiscal (34 %) est aussi le plus faible.
Exemple chiffré : 40 000 € de chiffre d'affaires
Hypothèses : personne seule (1 part), aucun autre revenu, impôt calculé au barème 2026 sans prélèvement libératoire et hors décote (c'est le calcul de notre simulateur auto-entrepreneur), CFP artisan pour les services BIC.
| Services BIC | Libéral SSI | Libéral Cipav | Vente BIC | |
|---|---|---|---|---|
| Cotisations sociales | 8 480 € | 10 240 € | 9 280 € | 4 920 € |
| Formation professionnelle | 120 € | 80 € | 80 € | 40 € |
| Revenu imposable (CA − abattement) | 20 000 € | 26 400 € | 26 400 € | 11 600 € |
| Impôt sur le revenu estimé | 924 € | 1 628 € | 1 628 € | 0 € |
| Revenu net (avant frais réels) | 30 476 € | 28 052 € | 29 012 € | 35 040 € |
À chiffre d'affaires égal, le consultant en BNC SSI garde 2 424 € de moins par an que l'artisan en services BIC : 1 760 € de cotisations en plus, et 704 € d'impôt en plus parce que l'abattement de 34 % laisse un revenu imposable plus élevé. En vente de marchandises, le revenu imposable de 11 600 € reste dans la tranche à 0 % : aucun impôt dans cette hypothèse.
Attention, ce « revenu net » ne déduit pas les frais réels. Un commerçant qui achète ses marchandises supporte un coût d'achat élevé : c'est justement ce que l'abattement de 71 % est censé représenter.
L'abattement n'est pas une déduction de vos frais
En micro, on ne déduit jamais ses dépenses réelles. L'administration retient un abattement forfaitaire (71 %, 50 % ou 34 %, avec un minimum de 305 €), puis applique le barème progressif au reste. Si vos frais réels dépassent nettement cet abattement (achats de matériel, sous-traitance, déplacements), la micro-entreprise vous fait payer de l'impôt sur un bénéfice que vous n'avez pas réalisé. C'est souvent le signal qu'il faut comparer avec une société : voir notre guide micro-entreprise ou SASU.
Points de vigilance
- Plafonds : 203 100 € en vente, 83 600 € en services et en BNC pour les revenus 2026 (contre 188 700 € et 77 700 € en 2025). Vous ne sortez du régime qu'après deux années civiles consécutives de dépassement.
- Activité mixte : le chiffre d'affaires global ne doit pas dépasser 203 100 €, et la part « services » (BIC et BNC cumulés) ne doit pas dépasser 83 600 €. Chaque activité garde son taux et son abattement.
- TVA : le seuil de la franchise en base (37 500 € pour les services, 85 000 € pour la vente) est bien plus bas que le plafond de la micro. Détails dans notre guide sur la franchise en base de TVA.
- Prélèvement libératoire : 1 %, 1,7 % ou 2,2 % du chiffre d'affaires selon la catégorie. Est-il plus intéressant que le barème ? Notre guide du prélèvement libératoire fait le calcul.
Sources officielles
- urssaf.fr — Évolution des taux de cotisations des auto-entrepreneurs
- Bpifrance Création — Le régime social du micro-entrepreneur
- Bpifrance Création — Quelles activités en micro-entreprise ?
- lacipav.fr — Qui est assuré à la Cipav ?
- entreprendre.service-public.gouv.fr — Régime micro-fiscal (F23267)
- entreprendre.service-public.gouv.fr — Seuils de chiffre d’affaires (F32353)
- service-public.gouv.fr — Barème de l’impôt sur le revenu (F1419)
Exemples indicatifs, calculés avec les barèmes en vigueur au 12/10/2026. Ils ne remplacent pas l'avis d'un professionnel (expert-comptable, notaire, Urssaf, service des impôts) pour votre situation.