Le versement forfaitaire libératoire, ou « prélèvement libératoire », permet au micro-entrepreneur de payer son impôt sur le revenu en même temps que ses cotisations, à un pourcentage fixe du chiffre d'affaires. Il simplifie la gestion, mais il ne fait pas toujours baisser l'impôt. Tout dépend du revenu imposable de votre foyer.
Comment ça marche
À chaque déclaration mensuelle ou trimestrielle à l'Urssaf, vous payez, en plus des cotisations, un impôt égal à :
| Activité | Taux du prélèvement libératoire |
|---|---|
| Vente de marchandises, restauration, hébergement (BIC) | 1 % |
| Autres activités BIC (prestations de services…) | 1,7 % |
| Activités libérales (BNC) | 2,2 % |
Ce chiffre d'affaires n'est plus soumis au barème progressif. Vous le déclarez quand même chaque année sur la déclaration 2042-C-PRO : il n'est pas imposé une seconde fois, mais il entre dans le revenu fiscal de référence du foyer. Sans chiffre d'affaires, vous ne payez rien.
Qui peut opter ?
Pour opter en 2026, le revenu fiscal de référence de 2024 de votre foyer (celui de l'avant-dernière année) doit être inférieur à :
| Situation du foyer | Revenu fiscal de référence maximal |
|---|---|
| Personne seule | 29 579 € |
| Couple | 59 158 € |
| Couple avec 1 enfant | 73 947,50 € |
| Couple avec 2 enfants | 88 737 € |
L'option se demande à l'Urssaf, depuis votre espace autoentrepreneur.urssaf.fr :
- avant le 30 septembre pour une application au 1er janvier suivant (demande avant le 30 septembre 2026 → application aux revenus perçus à partir du 1er janvier 2027) ;
- en cas de création, avant le dernier jour du 3e mois qui suit la création (activité démarrée en septembre 2026 → option avant le 30 décembre 2026).
Pensez à arrêter l'acompte. Opter pour le prélèvement libératoire n'annule pas automatiquement l'acompte de prélèvement à la source. Déprogrammez-le dans votre espace particulier sur impots.gouv.fr, rubrique « Gérer mon prélèvement à la source ».
La règle de comparaison
Comme le prélèvement est calculé sur le chiffre d'affaires et le barème sur le chiffre d'affaires après abattement, on peut convertir le taux du prélèvement en taux sur le revenu imposable :
- vente : 1 % du CA = environ 3,4 % du revenu imposable (abattement de 71 %) ;
- services BIC : 1,7 % du CA = 3,4 % du revenu imposable (abattement de 50 %) ;
- BNC : 2,2 % du CA = environ 3,3 % du revenu imposable (abattement de 34 %).
Le prélèvement libératoire revient donc à payer environ 3,3 à 3,4 % sur votre bénéfice forfaitaire. Le barème, lui, taxe chaque euro supplémentaire à 0 %, 11 %, 30 %, 41 % ou 45 %. Dès que votre revenu de micro-entrepreneur tombe entièrement dans une tranche à 11 % ou plus (parce que d'autres revenus du foyer occupent déjà la tranche à 0 %), le prélèvement libératoire est plus avantageux. S'il se loge en grande partie dans la tranche à 0 %, le barème est plus avantageux.
Exemple 1 : le barème est plus avantageux
Personne seule, sans autre revenu, prestations de services BIC, 30 000 € de chiffre d'affaires en 2026.
| Montant | |
|---|---|
| Revenu imposable (abattement de 50 %) | 15 000 € |
| Impôt au barème 2026 (hors décote) | 374 € |
| Prélèvement libératoire (1,7 % du CA) | 510 € |
| Écart en faveur du barème | 136 € |
Les 11 600 premiers euros de revenu imposable ne sont pas imposés : le barème ne taxe que 3 400 € à 11 %. Le prélèvement libératoire coûte 136 € de plus par an. La décote, que notre simulateur n'applique pas, réduirait encore l'impôt au barème.
Exemple 2 : le prélèvement libératoire fait gagner plusieurs milliers d'euros
Personne seule, consultante en BNC (SSI), activité lancée en 2025 après des études : son revenu fiscal de référence de 2024 est inférieur à 29 579 €, elle peut donc opter. Elle encaisse 75 000 € en 2026.
| Montant | |
|---|---|
| Revenu imposable (abattement de 34 %) | 49 500 € |
| Impôt au barème 2026 (hors décote) — tranche marginale 30 % | 7 954 € |
| Prélèvement libératoire (2,2 % du CA) | 1 650 € |
| Économie grâce au prélèvement libératoire | 6 304 € |
Ici, une partie du revenu est imposée à 30 % : le prélèvement libératoire fait économiser 6 304 € d'impôt. Les cotisations sociales (19 350 €, formation professionnelle comprise) sont identiques dans les deux cas. Attention toutefois : avec ce niveau de revenu en 2026, son revenu fiscal de référence dépassera probablement le seuil, et elle ne pourra plus opter dans deux ans.
Les pièges à éviter
- Raisonner sans le reste du foyer. En couple, ce sont les revenus des deux conjoints qui déterminent la tranche : un micro-entrepreneur à faible chiffre d'affaires dont le conjoint est imposé à 30 % a souvent intérêt à opter.
- Oublier que le seuil se regarde deux ans en arrière. Une forte croissance peut vous faire perdre l'option deux ans plus tard.
- Payer de l'impôt en cas de mauvaise année. Le prélèvement est dû sur le chiffre d'affaires, même si vos frais réels ont absorbé tout le bénéfice.
- Penser qu'il réduit les cotisations. Il ne touche que l'impôt sur le revenu : les cotisations Urssaf restent les mêmes.
Notre simulateur auto-entrepreneur compare automatiquement les deux options et affiche l'écart dès que vous saisissez votre chiffre d'affaires et votre situation familiale.
Sources officielles
- entreprendre.service-public.gouv.fr — Régime micro-fiscal (F23267)
- service-public.gouv.fr — Barème de l’impôt sur le revenu (F1419)
- Bpifrance Création — Le régime social du micro-entrepreneur
Exemples indicatifs, calculés avec les barèmes en vigueur au 12/10/2026. Ils ne remplacent pas l'avis d'un professionnel (expert-comptable, notaire, Urssaf, service des impôts) pour votre situation.