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ACRE 2026 : conditions, taux et ce qui change au 1er juillet

Mis à jour le 12/10/2026 — barèmes vérifiés sur les sources officielles citées en bas de page

Depuis 2026, l’ACRE est réservée à certains créateurs, doit être demandée, et elle est moins généreuse pour les micro-entreprises créées à partir du 1er juillet 2026.

L'ACRE (aide à la création ou à la reprise d'entreprise) réduit les cotisations sociales pendant les premiers mois d'activité. En 2026, elle a changé deux fois : au 1er janvier, elle est devenue réservée à certains publics et doit être demandée ; au 1er juillet, l'avantage a été réduit pour les micro-entrepreneurs qui démarrent leur activité.

Qui peut en bénéficier en 2026 ?

Depuis le 1er janvier 2026, il faut être en début d'activité, ne pas avoir bénéficié de l'ACRE au cours des 3 dernières années, et remplir l'un des critères suivants :

  • demandeur d'emploi indemnisé, ou non indemnisé mais inscrit à France Travail 6 mois au cours des 18 derniers mois ;
  • bénéficiaire du RSA ou de l'allocation de solidarité spécifique (ASS) ;
  • jeune de 18 à moins de 26 ans, ou personne de moins de 30 ans handicapée ou n'ayant pas assez travaillé pour ouvrir des droits au chômage ;
  • salarié ou licencié d'une entreprise en sauvegarde, redressement ou liquidation judiciaire qui en reprend tout ou partie ;
  • personne ayant signé un contrat d'appui au projet d'entreprise (Cape) en remplissant l'un des critères ci-dessus ;
  • création ou reprise dans un quartier prioritaire de la politique de la ville (QPV) ou dans une zone France ruralités revitalisation (ZFRR) ;
  • bénéficiaire de la prestation partagée d'éducation de l'enfant (PreParE).

Pour les micro-entrepreneurs, l'Urssaf exige en plus, en cas de cessation puis de reprise d'activité, un délai de carence d'une année civile complète.

Quels taux ? Tout dépend de la date de début d'activité

Pour un micro-entrepreneur, l'ACRE prend la forme d'un taux de cotisations réduit. Pour les activités démarrées jusqu'au 30 juin 2026, ce taux est d'environ la moitié du taux normal. Pour celles démarrées à partir du 1er juillet 2026, il correspond à 75 % du taux normal : la réduction n'est plus que de 25 %.

ActivitéTaux normal 2026ACRE — début jusqu’au 30/06/2026ACRE — début à partir du 01/07/2026
Vente de marchandises (BIC)12,3 %6,2 %9,3 %
Services commerciaux / artisanaux (BIC)21,2 %10,6 %15,9 %
Libéral SSI (BNC)25,6 %12,8 %19,2 %
Libéral Cipav23,2 %13,4 %17,4 %

Ces taux sont ceux publiés par l'Urssaf et Bpifrance Création. Ils ne correspondent pas toujours exactement à la moitié ou aux trois quarts du taux normal (Cipav : 13,4 % puis 17,4 %). La contribution à la formation professionnelle n'est pas réduite.

Combien dure l'ACRE ?

Pour un micro-entrepreneur, le taux réduit s'applique jusqu'à la fin du 3e trimestre civil qui suit celui du début d'activité. La durée réelle varie donc de 9 à 12 mois :

  • début le 3 mars 2026 (1er trimestre) : ACRE jusqu'au 31 décembre 2026 ;
  • début le 3 avril 2026 (2e trimestre) : ACRE jusqu'au 31 mars 2027 ;
  • début le 1er septembre 2026 (3e trimestre) : ACRE jusqu'au 30 juin 2027.

Démarrer au début d'un trimestre civil permet donc de profiter du taux réduit le plus longtemps possible.

Hors micro-entreprise (entrepreneur individuel au réel, président de SASU, gérant minoritaire…), l'ACRE dure 12 mois. Pour les créations depuis le 1er janvier 2026, l'exonération est de 25 % des cotisations concernées si les revenus ne dépassent pas 36 045 € (75 % du plafond annuel de la Sécurité sociale). Elle devient dégressive entre 36 045 € et 48 060 €, puis nulle au-delà.

Exemple : 30 000 € encaissés pendant la période d'ACRE

Cotisations sociales dues sur 30 000 € de chiffre d'affaires selon le taux applicable, hors contribution à la formation professionnelle (économie par rapport au taux normal entre parenthèses).

ActivitéSans ACREDébut jusqu’au 30/06/2026Début à partir du 01/07/2026
Services BIC6 360 €3 180 € (−3 180 €)4 770 € (−1 590 €)
Libéral SSI7 680 €3 840 € (−3 840 €)5 760 € (−1 920 €)
Vente BIC3 690 €1 860 € (−1 830 €)2 790 € (−900 €)
Cipav6 960 €4 020 € (−2 940 €)5 220 € (−1 740 €)

Pour un artisan en services BIC qui démarre en septembre 2026, l'ACRE fait économiser 1 590 € sur cette période. S'il avait démarré en juin, l'économie aurait été de 3 180 €. Notre simulateur auto-entrepreneur applique automatiquement le bon taux : activez l'option ACRE, puis choisissez votre date de début d'activité.

Comment la demander

  1. Déclarez votre activité sur le guichet unique des formalités d'entreprises, puis téléchargez le justificatif de création d'activité.
  2. Rassemblez les pièces qui prouvent votre éligibilité (par exemple, une notification d'ouverture de droits France Travail).
  3. Remplissez le formulaire de demande d'ACRE de l'Urssaf, dans sa version auto-entrepreneur.
  4. Envoyez le tout par la messagerie de votre espace sur autoentrepreneur.urssaf.fr.

L'Urssaf indique que la demande doit être faite dans les 60 jours suivant le début d'activité ; le plus simple est de l'envoyer en même temps que la déclaration de création. La demande est en principe traitée sous 30 jours. Sans réponse dans le délai d'un mois, l'ACRE est considérée comme accordée. L'attestation arrive dans votre espace en ligne.

ACRE et ARCE. Si vous êtes demandeur d'emploi indemnisé, l'aide à la reprise ou à la création d'entreprise (ARCE) de France Travail permet de toucher une partie de vos allocations restantes en capital (45 % ou 60 % selon la date de fin de votre contrat). Elle suppose d'avoir obtenu l'ACRE au préalable.

À retenir

  • L'ACRE n'est plus automatique : sans demande, ou si vous n'êtes pas éligible, vous cotisez au taux normal dès le départ.
  • La date de début d'activité déclarée détermine le taux réduit (avant ou après le 1er juillet 2026) et la durée de l'aide.
  • Prévoyez la hausse de cotisations à la fin de l'ACRE dans votre budget : en services BIC, le taux passe de 15,9 % à 21,2 %.

Sources officielles

Exemples indicatifs, calculés avec les barèmes en vigueur au 12/10/2026. Ils ne remplacent pas l'avis d'un professionnel (expert-comptable, notaire, Urssaf, service des impôts) pour votre situation.